dimanche 11 novembre 2012

Communiqué des habitants du Village


Également à découvrir sur notre blog : l'Agenda du Village, nos Communiqués et Courriers, une Revue de presse locale ainsi qu'une Galerie multimédia... 

Communiqué à l’attention de la population angevine, des associations, de la presse, des collectivités locales et de la préfecture du Maine-et-Loire.
Depuis le samedi 27 octobre, suite à la manifestation des sans-abri dans les rues d’Angers, l’hiver approchant à grands pas, les sans-abri et leurs soutiens ont décidé la réquisition d’un ensemble immobilier appartenant à la mairie d’Angers.
Rappelons que le jour même, à Paris, lors d’un point-presse, la ministre du logement déclarait que : « [la réquisition] peut faire partie des dispositions à mettre en œuvre ».
Dans un premier temps, quand les nuits commencent à se faire froides, se protéger des intempéries devient vital. Les hébergements d’urgence sont surchargés et, comme chaque hiver, ce sont des dizaines de personnes, hommes, femmes et enfants, qui dorment à la rue. Dans ce contexte, bien qu’illégale, une réquisition citoyenne n’en est pas moins légitime.
Dans un second temps, si les « autorités compétentes » ne se donnent pas les moyens de loger dignement les sans-abri, se nourrir et se laver sur place devient alors une priorité. Lorsqu’un lieu peut héberger plusieurs dizaines de personnes, cela permet également de soulager des structures parfois surchargées, tel que le PASS.
Situé au 52 rue d’Orgemont à Angers, cet ensemble est composé de 4 maisons inoccupées, chacune dotée d’un petit jardin bordé d’arbres et de buissons, d’un parking ainsi que d’un terrain de jeu en terre battue. Selon les nuits, ce lieu de vie abrite de 30 à 60 personnes, dont plusieurs familles, chacune installée dans une chambre privative.
Tout l’intérêt d’un lieu de vie tel que celui-ci est de répondre directement aux besoins fondamentaux des personnes les plus en difficulté, celles et ceux que l’on appelle pudiquement les sans-abri. Un lieu adapté permet de conserver un minimum d’intimité, sans perte d’autonomie, à l’inverse d’une réponse de type « gymnase ».
Dans notre première semaine, dont 2 jours de planque et un jeudi férié, nous avons eu beaucoup de visites, dont :
  • les journalistes (Courrier de l’Ouest, Ouest-France, France 3),
  • la police municipale (dont un agent de la police montée… sans son cheval),
  • le service technique de la maire d’Angers (dont le directeur),
  • le Service Départemental d’Information Générale (SDIG – dont le directeur),
  • le service eau et assainissement d’Angers Loire Métropole (chargé de la régie de l’eau pour l’agglomération angevine)
  • ainsi que… la Brigade Anti-Criminalité (BAC – 5 agents dans la nuit de vendredi à samedi 3 octobre).
Malgré nos demandes répétées concernant la mise à disposition d’équipement sanitaire d’urgence (conteneurs pour les déchets ménagers, citerne d’eau potable et toilettes de chantier), suivie d’une remise en fonction de l’eau courante et l’électricité sur chaque maison, pour l’instant, nous n’avons pu compter que sur nous-mêmes.
À ce jour, nous disposons de l’eau courante et de l’électricité sur 2 maisons différentes mais mitoyennes, ce qui nous a permis d’électrifier la maison avec le point d’eau. En ce qui concerne l’eau chaude, l’équipement en place est au gaz. En plus de représenter un risque non négligeable, l’accès au gaz n’est plus envisageable puisque le raccordement au réseau est coupé.
Rappelons que sans les divers soutiens individuels et associatifs, les habitants du Village seraient soit entassés dans des appartements, soit dans la crainte d’une expulsion sauvage… soit à la rue, comme prisonniers du béton et du bitume.

Les habitants du Village
et leurs soutiens

vendredi 26 octobre 2012

La douleur angevine, encore et toujours...



Les demandeurs d'asile d'Europe et d'Afrique ainsi que les sans abris d'Angers se rassemblent SAMEDI 27 OCTOBRE à 14H00 à la gare St LAUD à Angers  et marcheront sur la préfecture pour réclamer  des hébergements pour tous ainsi que prévu par le droit.

Vous trouverez ci-dessous un texte d'appel à soutien :

La douleur angevine, encore et toujours...

Que celles et ceux qui ont cru que le changement c'était maintenant se le disent : rien n'a changé à Angers pour les sans-abris, les Roms et les demandeurs d'asile !

Tandis que que notre ami Fred Moriou, SDF et animateur d' « Amalgame », nous a quittés il y a peu, tué par la misère et la rue, tandis que le 115 est toujours saturé, tandis que les Roms roumains se préparent, en famille, à passer un deuxième hiver dans leur campement de fortune, sous un pont près d'Espace Anjou, tandis que des dizaines de migrant-e-s sont à la rue et dorment devant la gare Saint-Laud, la mairie, le conseil général et la préfecture rivalisent de cynisme et d'hypocrisie : murant sans relâche des maisons vides, coupant dans les budgets de l'Aide sociale à l'enfance, niant les principes les plus élémentaires du droit et méprisant les étrangers.

A la gare, la situation est critique, depuis plus d'un mois, des hommes, des femmes, des enfants, des malades, sont à la rue, sans aucune perspective. Ils et elles viennent d'Albanie, du Kosovo, de Roumanie, d'Afrique... mais aussi d'Angers. Certaines personnes trouvent un refuge ponctuel et précaire chez des ami-e-s. Quelques familles migrantes, et uniquement des familles, sont relogées au compte-goutte à l'hôtel. La police met tout en oeuvre pour empêcher que les gens se rassemblent à la gare. Peu importe que des dizaines de personnes dorment dehors chaque nuit, le tout est qu'elles soient isolées, cachées, invisibles. Que les gens se retrouvent ensemble à la rue et que ça se sache, c'est là la seule crainte de la préfecture, du Conseil général et de la mairie. Éviter à tout prix que le problème - et donc leur responsabilité - ne devienne visible, voilà leur seule et unique préoccupation. 

Il est temps de se mobiliser ensemble pour exiger un logement digne et pérenne pour toute personne. Peut-être est-il temps aussi, face à l'urgence de dépasser les dérisoires positions de principe et les vieilles querelles du passé afin de se retrouver ensemble sur une revendication essentielle : Un toit c'est un droit!

L'occupation en cours du « lieu Unique » à Nantes, les expériences du CREA  et du GPS à Toulouse, celles de Montpellier ou Dijon font voler en éclat la frontière du "légal/pas légal" comme critère de passage à l'action de la sphère associativo-militante. D'après une camarade de Dijon,  là-bas, même le Secours catholique soutient non seulement les squats mais aussi l'idée de construire des cabanes dans les arbres pour résister à une expulsion de squat... comme quoi tout est possible ! (http://www.cimade.org/nouvelles/3974----Dijon-et-Montpellier--après-des-mois-de-squats---)

Dans un premier temps, des individus et le collectif de soutien aux sans-papiers appellent chacun-e à passer tous les mardis soir de 19h à 23h à la gare, et sans attendre, à communiquer, interpeller chacun-e parmi sa famille, ses proches, les médias, la préfecture, la mairie, etc... sur cette situation. Amenez du thé, du café ou venez les mains vides et le cœur ouvert ; un peu de chaleur humaine, c'est déjà beaucoup.

Même si notre force est de ne pas opposer la situation des précaires français et étrangers, nous sommes conscient-es que des problèmes spécifiques touchent les migrant-e-s, qu'illes soient en demande d'asile, débouté-e-s, sans-papiers ou encore Roms roumain-e-s ressortissant-e-s européen-ne-s.

Pour les Roms roumains que nous connaissons depuis le "48" :
L'accès aux soins est toujours aussi difficile, l'AME ("la sécu des sans-papiers") et la CMU leur sont systématiquement refusées, pas d'aide non plus du Conseil Général  au titre de l'enfance en détresse... ni du CCAS, qui refuse de les domicilier au motif qu'ils "ne peuvent justifier de liens avec la ville d'Angers"

... Assurément, vivre à la rue depuis 4 ou 5 ans dans cette ville, la connaître comme sa poche, y voir grandir ses enfants, y voir souffrir et vieillir ses proches, crier avec des sans-abri de tous les horizons "un toit c'est un droit", manifester aux côtés des salariés angevins pour les retraites, occuper des maisons laissées vides par la mairie aux 4 coins d'Angers, résister à la police sur le toit d'un immeuble à une expulsion illégale, défiler déguisé pour le carnaval et applaudir aux accroche-coeurs, témoigner lors d'un rassemblement pour les droits des Roms à l'appel d'associations angevines (souvenez-vous, l'appel "contre la xénophobie d'Etat"...), essayer en vain d'obtenir des rdv à pôle emploi, passer des entretiens d'embauche pour ramasser les pommes et se voir refuser le travail pour cause de "difficultés administratives", serrer la main d'un bon paquet de notables hypocrites de la mairie, la préfecture ou du conseil général, répondre aux éternelles questions des journalistes "mais, en fait, que cherchez-vous ici ??"

....Assurément tout cela témoigne l'attachement de ces Rroms roumains avec la ville d'Angers et sa population depuis des années, et de leur volonté acharnée de défendre leur dignité, et ce, même dans la misère la plus implacable. Ainsi, plus que jamais isolés et privés de tout sauf des visites de police, les Rroms avec qui on a tant partagé depuis le "48" continuent à organiser leur survie en attendant des jours meilleurs...

Pour les demandeurs d'asile :
La domiciliation des primo-arrivants par la plateforme "Espace accueil" (en charge de l'orientation des demandeurs d'asile à Angers) reste problématique, car soumise aux capacités de logement sur le département, capacités structurellement déficitaires. La domiciliation par EA est ainsi devenue depuis 4 ans le moyen pour la préfecture de réguler le flux de demandeurs d'asile à Angers, en d'autres termes de les faire dégager ailleurs, un peu ou beaucoup plus loin, peu importe, tant qu'ils quittent le Maine-et-Loire...
Petit rappel : sans domiciliation, pas de possibilité de déposer une demande d'asile et donc de bénéficier des conditions matérielles d'accueil, possibilité par contre de se faire embarquer à tout moment puisque les personnes sont officiellement sans-papiers...

Pour les SDF français et immigrés hors demandeurs d'asile :
Leur situation déjà précaire s'est dégradée à partir de 2007 quand le gouvernement sous prétexte d'insertion et d'accompagnement durable a fermé nombre d'hébergements d'urgence. Comme parallèlement le budget des hébergements d'urgence pour les demandeurs d'asile ( HUDA) ont été diminués de 47% pour 2008, la préfecture a dirigé les demandeurs d'asile vers l'accueil d'urgence de droit commun c'est à dire le 115... pour devenir systématique dans les années suivantes. Nous avions alertés la préfecture dès 2010 sur la dérive raciste que cela pouvait entraîner chez les SDF se sentant exclus par les « étrangers » ; les pouvoirs publics ont, par le fait, alimenté la stigmatisation de l'étranger encouragée par des politicards démagogues. Nous le répétons avec force : les demandeurs d'asile ont leur propre structure d'accueil et ne devraient pas avoir recours au « 115 »


Le droit d'asile, le droit au logement et les droits de l'homme selon le pouvoir :
Tout ce qui précède constitue évidemment une violation totale du droit, mais à quoi bon invoquer le droit face au préfet puisque les tribunaux eux-mêmes l'ignorent superbement ? Le nouveau préfet lors d'une réunion avec les associations a affirmé qu'il n'allait pas laisser à la rue des français pour héberger des étrangers fussent-ils demandeurs d'asile alors que 60 migrants sans-abris s'étaient mobilisés devant la préfecture à l'occasion de cette entrevue..  Français ou étrangers personne ne peut être laissé à la rue. C'est inscrit à l'article 543 du Code d'Action sociale et des familles ; Le 10 février de cette année le Conseil d'Etat a consacré l'hébergement d'urgence comme 22ème liberté fondamentale. L'hébergement pérenne des demandeurs d'asile l'était déjà comme corollaire du Droit d'asile et dans le droit communautaire européen depuis 2003 par la directive « Accueil ». C'est donc au mépris de ces deux libertés fondamentales que le Tribunal administratif de Nantes vient de refuser, les 17 et 18 de ce mois, l'obligation d'héberger à une vingtaine de demandeurs d'asile dont des familles avec enfants.


Devant cette dégradation des conditions de vie des uns et des autres, devant cette volonté des pouvoirs en place de dresser français et étrangers les uns contre les autres nous ne pouvons plus tolérer ces manquements aux droits humains fondamentaux. La loi aussi imparfaite soit-elle existe et nous devons être nombreux à exiger qu'elle soit appliquée et cela commence devant la gare aux côtés des demandeurs d'asile-SDF.

Un toit pour tous, c'est un droit !
Préfecture, hors la loi !
Le droit de vivre ne se mendie pas, il se prend !

jeudi 26 juillet 2012

La situation de Boris enfin débloquée !

Angers, le jeudi 12 juillet 2012

Communiqué du Réseau Université Sans Frontières Angers
Et du Collectif de Soutien à Boris des Personnels du Lycée Henri Dunant

Le mardi 10 juillet, Mme Bouché, Directrice des Services de l’Immigration, nous a officiellement informés par téléphone de la régularisation de Boris à titre humanitaire. Il aura donc droit à une carte de séjour « vie privée et familiale ». Nous sommes heureux de l’issue de ce pénible parcours et souhaitons que Boris et sa famille considèrent enfin qu’ils vivront définitivement en France.

Cependant nous nous devons de revenir sur plusieurs aspects de la méthode utilisée par la Préfecture dans le traitement de ce dossier.

La mobilisation à l’initiative du RUSF Angers et des enseignants du lycée Henri Dunant a débuté au mois de mars 2012. Nombreux et réguliers ont été les courriers envoyés à la Préfecture depuis cette date. Le 14 mars s’est tenue une première audience au cours de laquelle Mme Bouché a considéré que le dossier de Boris ne comportait rien d’« exceptionnel ».

Le 4 avril, lors de la deuxième audience, Mme Bouché a essentiellement mise en doute l’intégration de Boris au motif qu’il avait refusé l’aide au retour, entre autres arguments infondés qui visaient à justifier le refus du Préfet de régulariser Boris.

La date de délibération des résultats à ses examens de CAP chaudronnerie industrielle a été posée comme ultimatum de la suspension de son Obligation de Quitter le Territoire Français. Dès lors, les services préfectoraux n’ont plus communiqué avec les collectifs de soutien à Boris et ce malgré une forte mobilisation citoyenne, couverte par les médias locaux, et le soutien apporté par de nombreux élus  parmi lesquels Mme Bouchoux, Sénatrice de Maine-et-Loire, M. Orphelin, Vice-président du Conseil Régional, M. Béatse, Maire d’Angers, M. Raoul, Député de Maine-et-Loire.

Le mercredi 27 juin, deux membres du RUSF ont été « reçus » dans un couloir de la Préfecture par Mme Bouché (Cf. communiqué du RUSF du 28 juin). Le vendredi 6 juillet, Boris a été convoqué à la Préfecture pour rendre compte de ses résultats à ses examens et évoquer ses projets. Trois personnes étaient présentes à ses côtés lors de cette entrevue que Mme Bouché a mené de manière
administrative et glaciale.

Le traitement des dossiers de régularisation au « cas par cas » n’était plus à l’ordre du jour puisque Mme Bouché a rappelé à Boris que sa famille n’était en France qu’à titre provisoire. L’argument inverse, à savoir que les parents de Boris travaillaient tous deux légalement et étaient « fortement intégrés au tissu angevin » [sic M. Béatse, Maire d’Angers], n’avait pourtant jamais été pris en compte précédemment. Bien au contraire, Boris était majeur et sa situation était à évaluer individuellement.

Cette chronologie des événements nous amène à dresser un constat sans appel. La Préfecture s’affranchit de la dimension humaine des situations qu’elle traite : la famille de Boris a vécu dans la souffrance pendant de longs mois et la lenteur de la procédure s’est révélée injustifiée, arbitraire et destructrice.

Le concept d’intégration auquel recourt systématiquement la Préfecture pour justifier ses refus de régularisation (lorsque le dossier ne permet pas d’avancer d’autres arguments à charge) est une imposture morale : ce n’est pas Boris qui n’est pas « intégré » à la société française mais la Préfecture qui l’a mis à l’épreuve de sa « désintégration ».

Enfin, les collectifs qui soutiennent les migrants pour que leurs droits les plus élémentaires soient respectés sont en lutte contre une administration préfectorale qui dans un Etat de droit devrait être garante de ces mêmes droits.

Dans un entretien au Monde  du 27 juin 2012, M. Valls, Ministre de l’Intérieur, a été très précis sur les critères à prendre en compte pour la régularisation : « les années de présence en France, la situation par rapport au travail, les attaches familiales, la scolarisation des enfants ».  Il a même ajouté que ces critères « ont été interprétés de manière beaucoup trop restrictive et n'ont pas été appliqués de manière uniforme sur l'ensemble du territoire par le précédent gouvernement », et que « les difficultés à obtenir un titre de séjour sont des facteurs de fragilisation économique, psychologique, sociale, et donc des obstacles à l'intégration ».

La Préfecture du Maine-et-Loire vient de montrer qu'elle va dans la direction opposée en fragilisant psychologiquement et socialement des familles résidant sur le sol angevin.

Contacts : rusfangers@yahoo.fr

Yoann  06 73 01 30 35
Sabrina 06 16 41 63 21
Xavier 06 63 96 11 40

vendredi 13 juillet 2012

L'ouverture des comptes bancaires remise en cause

A force de persévérance, les demandeurs d'asile, avec l'aide du CSSP49, étaient parvenus à faire reconnaître leurs droits de toucher l'ATA (Allocation Temporaire d'Activité) auprès de Pôle Emploi. Un article précédent revient sur ce point.

Jusque là, en dépit d'une décision du Conseil d"Etat favorable aux demandeurs d'asile, l'ATA n'était pas versée aux DA non hébergés en CADA. Ce n'est qu'au printemps 2012, presque un an après la décision du Conseil d'Etat, que la situation sera enfin débloquée.

Désormais que tout semble acquis, c'est tout simplement la possibilité de toucher ces sommes qui est remise en cause.

Plus d'infos sur le lien ci-dessus.

http://www.ouest-france.fr/actu/actuLocale_-Angers.-Un-demandeur-d-asile-ne-peut-pas-deposer-un-cheque-en-banque_40774-209597

dimanche 1 juillet 2012

Communiqué RUSF : Boris

 Angers, le jeudi 28 juin 2012

Communiqué du collectif de soutien des personnels du lycée Henri Dunant à Boris
et du Réseau Université sans frontières


La situation de Boris est bloquée.

Depuis le mercredi 4 avril, jour de la dernière audience accordée par les services de la Préfecture, nous n’avons cessé d’interpeller Monsieur le Préfet de Maine-et-Loire qui n’a jamais honoré nos multiples demandes d’entretien, ni répondu à aucun de nos courriers. Pourtant de nombreuses personnalités politiques se sont adressées à lui pour porter leur soutien à Boris et l’inviter à régulariser au plus vite sa situation : Mme Bouchoux, Sénatrice de Maine-et-Loire, M. Orphelin, Vice-président du Conseil Régional, M. Béatse, Maire d’Angers, M. Raout, Député de Maine-et-Loire...

Ce mercredi 27 juin, nous, Mme Sebti, membre du Rusf Angers et M. Mary, membres du Collectif de soutien à Boris des personnels du lycée Henri Dunant, avons été reçus dans un couloir de la Préfecture par un agent de la Direction Centrale du Renseignement Intérieur et Mme Bouché, Directrice du service de l’immigration. Mme l’agent de la DRCI a affirmé qu’aucune salle de la Préfecture n’était libre. Mme Bouché a considéré ne pas avoir à nous consacrer de temps, et s’être déplacée pour récupérer de « nouvelles pièces » à porter au dossier de Boris. Elle a finalement pris, non sans hésiter et du bout des doigts, de nouveaux éléments qui concernaient des situations d’étudiants suivis par ses services.

Malgré cela, il n'y a eu aucun échange d’informations au sujet de Boris ou des nouveaux dossiers d'étudiants si ce n’est celle de la convocation de Boris à la Préfecture le 5 juillet, date supposée de délibération des résultats des examens de CAP.

Que doit-on déduire de ce procédé inhabituel et méprisant ?

Mme Sebti et moi, M. Mary, représentants du collectif et du Rusf Angers avons compris que l’autorité préfectorale n’envisage plus de poursuivre son travail en transparence avec les collectifs concernés mais s’oriente vers une voie de fermeture : ce n’est pas ce qui caractérise un Etat de droit. Cet événement survient le jour même où M. Valls, Ministre de l’Intérieur, déclare au journal Le Monde :

«  Les régularisations doivent se faire en s'appuyant sur des critères précis, objectifs, compréhensibles, à la fois par ceux qui sont dans cette situation, ceux qui pourraient venir sur notre sol national, et nos compatriotes. Ces critères sont les années de présence en France, la situation par rapport au travail, les attaches familiales, la scolarisation des enfants. Ils ont été interprétés de manière beaucoup trop restrictive et n'ont pas été appliqués de manière uniforme sur l'ensemble du territoire par le précédent gouvernement.

Une circulaire pour les préciser est donc en préparation. Je veux mettre fin à l'arbitraire. [...]

 Les difficultés à obtenir un titre de séjour sont des facteurs de fragilisation économique, psychologique, sociale, et donc des obstacles à l'intégration. [...]

J'ai, à ce propos, été révolté par le sort réservé à ces étrangers qui se retrouvent dans les files d'attente devant les préfectures pour renouveler leurs papiers pendant des heures […]. »

Boris, les lycéens, les étudiant-es et leurs familles subissent pleinement cet « arbitraire » et depuis trop longtemps. Ils vivent dans une angoisse aussi insupportable qu'inutile. Les équipes éducatives du lycée Henri Dunant et de l'Université d'Angers ont apporté et continueront d'apporter leur soutien à leurs élèves.
 
En revanche la Préfecture poursuit son travail d’humiliation et de spoliation de droits élémentaires. Il est temps que chaque instance décisionnelle prenne ses responsabilités et régularise ces situations le plus rapidement possible.

Pour le collectif de soutien à Boris des personnels du lycée Henri Dunant, le RUSF Angers

Sabrina SEBTI
Xavier MARY

samedi 9 juin 2012

Marche Européenne

La Marche Européenne des Sans Papiers a pris la route le 2 juin. Vous trouverez ci-dessus le compte-rendu des premières journées (entre Paris et Bruxelles). Pour la suite, vous trouverez toutes les infos sur le blog dédié à la marche :

http://marche-europeenne-des-sans-papiers.blogspot.fr/
 
Paris, place de la République

Ce 2 juin 2012, nous, les marcheurs Sans Papiers de Paris (CSP75, Droits Devant!, Ministère de la Régularisation de Tous les Sans Papiers), sommes partis vers 10h30 de la place de la République à Paris. Il y a deux cars, cinq voitures et le camion de la marche qui prennent la route, direction Bruxelles.

Hénin-Beaumont

Nous sommes arrivés à Hénin-Beaumont vers 12h30, où une étape est prévue. Nous avons fait une manifestation dans la ville qui s'est bien passée (voir vidéo, communiqué du CSP59 et revue de presse sur le blog). Nous avons été reçus par le maire de Hénin-Beaumont.

Lors de la manifestation, les gens nous ont réservé un accueil chaleureux. Ils nous faisaient des coucou et nous ont soutenu en faisant des dons ou en achetant les tee-shirts de la marche. Puis nous avons été reçus dans une salle où il nous a été offert une collation.

Vers 16h30, nous sommes repartis vers Bruxelles. Et en chemin nous ne sommes même pas rendu compte que nous passions notre première frontière ! Aucun contrôle.

Bruxelles

Arrivés à Bruxelles, les cars nous ont déposés à environ 1 km du lieu où était prévu le repas, pour que la marche, la vraie, commence ! Avec tam-tam et banderole, bien sonore et bien visible. Nous avons manifesté, pacifiquement, sans souci d'aucun ordre. Sans arrestation ni contrôle. Pas de présence policière visible.

Le lieu d'accueil est une grande salle avec scène, cuisine et coin ordinateurs. C'est un centre de jour, genre maison de quartier pour personnes démunies, qui prête ce lieu au collectif de sans-papiers belges. Nous y avons bien mangé et après il y a eu une soirée avec groupe de musiciens et soirée dansante.

Pendant ce temps, les délégués ont fait une réunion où a été précisé le lieu de couchage pour les 2 nuits à venir. Car il y a eu un souci avec le lieu prévu pour l'hébergement de cette première nuit, qui a été interdit d'accès aux organisateurs le jour même de notre arrivée. Ils ont donc dû retrouver dans la journée une solution de rechange pour le couchage...

Finalement, l'hébergement se fera sur plusieurs lieux pour cette nuit. 60 personnes sont allées dormir dans une église non loin du lieu d'accueil, 40 sont parties dans un autre lieu en transport et le reste a passé la nuit dans le centre de jour.

Le programme d'aujourd'hui, mercredi 3 juin à Bruxelles

Premier RDV à 10h à la Gare du Nord où de nombreux sans-papiers vivent dans le plus grand dénuement. Déjeuner là-bas puis départ pour la manifestation de 14h30 en direction du Bureau des étrangers, puis du ministère de l'immigration. Fin sur une place publique, avec débat, et retour vers lieu de couchage.

Le programme de demain, lundi 4 juin, jour du départ vers Liège.
Est prévue une conférence de presse.

Enfin, nous voulons dire à tous : l'accueil de la marche ici, à Bruxelles, est très bon.