mardi 13 novembre 2012

Comité des Sans Papiers 59 (LILLE)

Comité des Sans Papiers 59 (CSP59), 42 rue Bernos, 59800, Lille Fives - tél :06.80.57.50.61 – fax : 03.20.74.16.68 –  e-mail : csp59@wanadoo.fr

PLUS D’UNE CENTAINE DE SANS PAPIERS 
OCCUPENT LE SIEGE DU PSA LILLE 
ET DECLARENT POURSUIVRE LEUR GREVE DE LA FAIM !

Ils, elles étaient exactement 130 sans papiers dont 14 enfants et nourrissons à occuper le siège de la Fédération nord du PS. Deux sans papiers ont été arrêtés puis relâchés. Plusieurs dizaines de sans papiers et soutiens se sont retrouvés à l’extérieur scandant les slogans de la lutte.

Le PS a porté plainte contre les « occupants sans papiers et l’organisateur (sic !) pour violation de domicile privé et séquestration des employés (sic !)» qui se promenaient de salle en salle, allaient dehors, rentraient de nouveau, bref drôle de « séquestration ».
A la demande du PS et suite à sa plainte pleine d’inexactitudes, des compagnies de CRS, plus des agents de la BAC et de la PAF ont envahi les rues environnantes et la rue Lydéric préparant la charge pour expulser, trier et rafler les occupants sans papiers.
Débutée vers 11h l’occupation prend fin vers 15h suite à une négociation avec le préfet lui-même par l’intermédiaire du Commissaire central chargé de l’évacuation.

Le préfet déclare que son cabinet recevra une délégation en vue du réexamen sur la base de la circulaire ministérielle qui sort la semaine prochaine.

Les sans papiers qui se déclarent en grève la faim, après avoir entendu le compte rendu fait par leur porte parole qui a été reçu par le Commissaire et le responsable du local du PS, ont décidé (un peu dans la confusion il est vrai) de sortir tout en réitérant auprès du préfet leurs revendications qui figurent dans les attestations sur l’honneur accompagnées du certificat médical qu’ils, qu’elles se sont engagé(e)s à remettre à leur AG à travers leurs référents juridiques :

-          La régularisation des grévistes de la faim et de l’ensemble de leurs camarades de la liste qui sera déposée en préfecture ;

-   Le droit à la défense argumentée des dossiers par le CSP59 tous les mois en préfecture. 

Le PS a pris l’engagement de recevoir une délégation du CSP59, ce qui sera fait et nous le demandons au plus haut niveau pour que ce parti au pouvoir prenne toute la mesure de l’inhumanité d’une continuité de la lamentable, funeste et indigne politique de Sarkozy et d’une droite réduite à singer le FN. Le « changement » promis ne doit pas devenir « les promesses électorales sont faites pour ceux qui y croient ». 

Il est fondamental que les autorités prennent la mesure du fait que les sans papiers se déclarent en grève de la faim depuis le 2 novembre lors de l’occupation de la Maison de la Médiation de la Mairie de Lille et plus les jours passent plus la grève de la faim s’installe et donc que l’on va vers une situation de non retour en arrière parce que la seule solution sera de régulariser. 

Une telle situation est entièrement de la responsabilité du préfet lui-même qui n’aura pas pris la mesure de la détresse dans laquelle il a mis les sans papiers, qui pourtant, ne demandaient que le droit de pouvoir défendre leurs dossiers. Il est clair qu’avec la grève de la faim déclarée par les sans papiers, à la revendication initiale s’ajoute celle de la régularisation de la liste qui sera déposée en préfecture à partir du 19 novembre prochain.

Le CSP59 demande à l’ensemble des soutiens solidaires et militants d’organiser une chaîne de solidarité et une pyramide d’information sécurisée afin de préparer la sortie massive des grévistes de la faim le jour J.

En attendant le CSP59 poursuit ses actions de mobilisation et d’occupation et préparent activement le concert de la fraternité et de la solidarité des travailleurs avec et sans papiers à la Bourse du Travail de Lille, rue Geoffroy Saint Hilaire, le samedi 17 novembre à partir de 15h.

Fait le 08/11/12

Manifestation tous les mercredis à partir de 18h Place de la République

Soutien à la sénatrice Alima Boumedienne Thiery

 LE CONSEIL DE L’ORDRE DES AVOCATS DU VAL D’OISE
 DEVANT LA COUR D’APPEL DE VERSAILLES


Depuis décembre 2011, Alima BOUMEDIENE THIERY a déposé sa demande d’inscription au barreau des avocats du Val d’Oise… celle-ci lui est refusée malgré ses diplômes universitaires (Deug, Licences, Maîtrises, DEA et DESS, doctorat), sa formation de juriste et son expérience de 12 ans de parlementaire tant au Parlement Européen qu’au Sénat.

Que lui reproche le Conseil de l’Ordre des avocats du Val d’Oise pour lui opposer ce refus ?

Le Mémoire déposé par le Bâtonnier représentant l’Ordre des Avocats du Barreau du Val d’Oise ne remet pas en cause les conditions juridiques nécessaires à son inscription.

Néanmoins il indique que l’intéressée  « exerce un militantisme efficace dans le cadre des ses activités politiques lequel apparaît contraire à l’honneur, à la probité, aux bonnes mœurs… et aux respects des principes essentiels de dignité et de modération… ».


Les actions pacifiques de boycott sont qualifiées « d’opérations de commando… invitant les clients à boycotter tous les produits venant d’Israël au nom de l’anti-sionisme ». L’appel au boycott des produits venant d’Israël est invoqué comme une incitation à la discrimination. Il convient de noter l’utilisation du terme « commando » par le Conseil de l’Ordre !!!


Le Conseil de l’Ordre des Avocats du Val d’Oise considère que, « même si ces faits n’ont pas été suivis de condamnation, il apparaît clairement que les missions engagées par Mme Alima BOUMEDIENE THIERY sont contraires aux principes de modération, de dignité et de probité…. et que ces agissements peuvent être constitutifs de qualifications pénales», bien que la Cour d’Appel de Paris ait confirmé que « le soutien au boycott pour des motifs politiques ne caractérise en aucun de ses éléments le délit de provocation à la discrimination, la haine ou la violence…. ». Ainsi, la Cour relève que « la critique pacifique de la politique d’un Etat relevant du libre jeu de débat politique, se trouve, aux termes de la jurisprudence de la Cour Européenne des Droits de l’Homme, au cœur même de la notion de société démocratique ».


Ainsi, l’Ordre des Avocats du Val d’Oise n’hésite pas à commenter le jugement du 14 octobre 2010, précisant que « la relaxe est -sous entendu, seulement- due au vice de procédure », puis il fait mention d’une nouvelle instance engagée à l’encontre de Mme Alima BOUMEDIENE THIERY devant le TGI de Pontoise, audience renvoyée en septembre 2013, au mépris du principe fondamental de la « présomption d’innocence » dont il s’affranchit aisément, comme celui du droit à la liberté d’exprimer ses opinions politiques, reconnu à tout citoyen, y compris aux avocats.

Enfin, l’Ordre des Avocats du Barreau du Val d’Oise rejette la demande d’inscription au tableau des Avocats du Barreau du Val d’Oise de Mme Alima BOUMEDIENE THIERY, constatant que « son attitude, en ce qu’elle milite activement dans le cadre de l’incitation à entraver l’exercice normal d’une activité économique en visant de façon discriminatoire les producteurs et fournisseurs de produits en raison de leur appartenance à une nation, en l’occurrence ISRAEL, ne respecte pas les principes de moralité, de modération et de dignité nécessaire à l’inscription sur le tableau d’un ordre d’avocat. »


Mme Alima BOUMEDIENE THIERY conteste ce rejet qu’elle qualifie d’illégal et discriminatoire, et a donc déposé un recours à la Cour d’Appel de Versailles qui devra, en audience publique, nous dire si le fait d’être militante active et pacifique est contraire au respect des principes essentiels de la profession d’avocat !


Rendez Vous : Mercredi 14 novembre à 10 h à la Cour d’Appel de Versailles : 5 rue Carnot
- salle n°1 rez de chaussée Gauche (1ère chambre, 1ère section) -  RER Versailles Rive Gauche -  

Alima Boumedienne Thiery est une des seules sénatrices à être montée au créneau pour les sans-papiers et avoir mené le combat jusqu'au bout contre la LOPPSI II.


Manif à Rennes

http://www.ouest-france.fr/ofdernmin_-Manifestation-de-soutien-au-sans-papiers-a-Rennes_40771-2131609-pere-bre_filDMA.Htm

Blog Le Village

http://village49.wordpress.com/2012/11/04/le-village-un-nouveau-lieu-de-vie-pour-les-sans-abri/
Blog des habitants du Village.

dimanche 11 novembre 2012

Communiqué des habitants du Village


Également à découvrir sur notre blog : l'Agenda du Village, nos Communiqués et Courriers, une Revue de presse locale ainsi qu'une Galerie multimédia... 

Communiqué à l’attention de la population angevine, des associations, de la presse, des collectivités locales et de la préfecture du Maine-et-Loire.
Depuis le samedi 27 octobre, suite à la manifestation des sans-abri dans les rues d’Angers, l’hiver approchant à grands pas, les sans-abri et leurs soutiens ont décidé la réquisition d’un ensemble immobilier appartenant à la mairie d’Angers.
Rappelons que le jour même, à Paris, lors d’un point-presse, la ministre du logement déclarait que : « [la réquisition] peut faire partie des dispositions à mettre en œuvre ».
Dans un premier temps, quand les nuits commencent à se faire froides, se protéger des intempéries devient vital. Les hébergements d’urgence sont surchargés et, comme chaque hiver, ce sont des dizaines de personnes, hommes, femmes et enfants, qui dorment à la rue. Dans ce contexte, bien qu’illégale, une réquisition citoyenne n’en est pas moins légitime.
Dans un second temps, si les « autorités compétentes » ne se donnent pas les moyens de loger dignement les sans-abri, se nourrir et se laver sur place devient alors une priorité. Lorsqu’un lieu peut héberger plusieurs dizaines de personnes, cela permet également de soulager des structures parfois surchargées, tel que le PASS.
Situé au 52 rue d’Orgemont à Angers, cet ensemble est composé de 4 maisons inoccupées, chacune dotée d’un petit jardin bordé d’arbres et de buissons, d’un parking ainsi que d’un terrain de jeu en terre battue. Selon les nuits, ce lieu de vie abrite de 30 à 60 personnes, dont plusieurs familles, chacune installée dans une chambre privative.
Tout l’intérêt d’un lieu de vie tel que celui-ci est de répondre directement aux besoins fondamentaux des personnes les plus en difficulté, celles et ceux que l’on appelle pudiquement les sans-abri. Un lieu adapté permet de conserver un minimum d’intimité, sans perte d’autonomie, à l’inverse d’une réponse de type « gymnase ».
Dans notre première semaine, dont 2 jours de planque et un jeudi férié, nous avons eu beaucoup de visites, dont :
  • les journalistes (Courrier de l’Ouest, Ouest-France, France 3),
  • la police municipale (dont un agent de la police montée… sans son cheval),
  • le service technique de la maire d’Angers (dont le directeur),
  • le Service Départemental d’Information Générale (SDIG – dont le directeur),
  • le service eau et assainissement d’Angers Loire Métropole (chargé de la régie de l’eau pour l’agglomération angevine)
  • ainsi que… la Brigade Anti-Criminalité (BAC – 5 agents dans la nuit de vendredi à samedi 3 octobre).
Malgré nos demandes répétées concernant la mise à disposition d’équipement sanitaire d’urgence (conteneurs pour les déchets ménagers, citerne d’eau potable et toilettes de chantier), suivie d’une remise en fonction de l’eau courante et l’électricité sur chaque maison, pour l’instant, nous n’avons pu compter que sur nous-mêmes.
À ce jour, nous disposons de l’eau courante et de l’électricité sur 2 maisons différentes mais mitoyennes, ce qui nous a permis d’électrifier la maison avec le point d’eau. En ce qui concerne l’eau chaude, l’équipement en place est au gaz. En plus de représenter un risque non négligeable, l’accès au gaz n’est plus envisageable puisque le raccordement au réseau est coupé.
Rappelons que sans les divers soutiens individuels et associatifs, les habitants du Village seraient soit entassés dans des appartements, soit dans la crainte d’une expulsion sauvage… soit à la rue, comme prisonniers du béton et du bitume.

Les habitants du Village
et leurs soutiens

vendredi 26 octobre 2012

La douleur angevine, encore et toujours...



Les demandeurs d'asile d'Europe et d'Afrique ainsi que les sans abris d'Angers se rassemblent SAMEDI 27 OCTOBRE à 14H00 à la gare St LAUD à Angers  et marcheront sur la préfecture pour réclamer  des hébergements pour tous ainsi que prévu par le droit.

Vous trouverez ci-dessous un texte d'appel à soutien :

La douleur angevine, encore et toujours...

Que celles et ceux qui ont cru que le changement c'était maintenant se le disent : rien n'a changé à Angers pour les sans-abris, les Roms et les demandeurs d'asile !

Tandis que que notre ami Fred Moriou, SDF et animateur d' « Amalgame », nous a quittés il y a peu, tué par la misère et la rue, tandis que le 115 est toujours saturé, tandis que les Roms roumains se préparent, en famille, à passer un deuxième hiver dans leur campement de fortune, sous un pont près d'Espace Anjou, tandis que des dizaines de migrant-e-s sont à la rue et dorment devant la gare Saint-Laud, la mairie, le conseil général et la préfecture rivalisent de cynisme et d'hypocrisie : murant sans relâche des maisons vides, coupant dans les budgets de l'Aide sociale à l'enfance, niant les principes les plus élémentaires du droit et méprisant les étrangers.

A la gare, la situation est critique, depuis plus d'un mois, des hommes, des femmes, des enfants, des malades, sont à la rue, sans aucune perspective. Ils et elles viennent d'Albanie, du Kosovo, de Roumanie, d'Afrique... mais aussi d'Angers. Certaines personnes trouvent un refuge ponctuel et précaire chez des ami-e-s. Quelques familles migrantes, et uniquement des familles, sont relogées au compte-goutte à l'hôtel. La police met tout en oeuvre pour empêcher que les gens se rassemblent à la gare. Peu importe que des dizaines de personnes dorment dehors chaque nuit, le tout est qu'elles soient isolées, cachées, invisibles. Que les gens se retrouvent ensemble à la rue et que ça se sache, c'est là la seule crainte de la préfecture, du Conseil général et de la mairie. Éviter à tout prix que le problème - et donc leur responsabilité - ne devienne visible, voilà leur seule et unique préoccupation. 

Il est temps de se mobiliser ensemble pour exiger un logement digne et pérenne pour toute personne. Peut-être est-il temps aussi, face à l'urgence de dépasser les dérisoires positions de principe et les vieilles querelles du passé afin de se retrouver ensemble sur une revendication essentielle : Un toit c'est un droit!

L'occupation en cours du « lieu Unique » à Nantes, les expériences du CREA  et du GPS à Toulouse, celles de Montpellier ou Dijon font voler en éclat la frontière du "légal/pas légal" comme critère de passage à l'action de la sphère associativo-militante. D'après une camarade de Dijon,  là-bas, même le Secours catholique soutient non seulement les squats mais aussi l'idée de construire des cabanes dans les arbres pour résister à une expulsion de squat... comme quoi tout est possible ! (http://www.cimade.org/nouvelles/3974----Dijon-et-Montpellier--après-des-mois-de-squats---)

Dans un premier temps, des individus et le collectif de soutien aux sans-papiers appellent chacun-e à passer tous les mardis soir de 19h à 23h à la gare, et sans attendre, à communiquer, interpeller chacun-e parmi sa famille, ses proches, les médias, la préfecture, la mairie, etc... sur cette situation. Amenez du thé, du café ou venez les mains vides et le cœur ouvert ; un peu de chaleur humaine, c'est déjà beaucoup.

Même si notre force est de ne pas opposer la situation des précaires français et étrangers, nous sommes conscient-es que des problèmes spécifiques touchent les migrant-e-s, qu'illes soient en demande d'asile, débouté-e-s, sans-papiers ou encore Roms roumain-e-s ressortissant-e-s européen-ne-s.

Pour les Roms roumains que nous connaissons depuis le "48" :
L'accès aux soins est toujours aussi difficile, l'AME ("la sécu des sans-papiers") et la CMU leur sont systématiquement refusées, pas d'aide non plus du Conseil Général  au titre de l'enfance en détresse... ni du CCAS, qui refuse de les domicilier au motif qu'ils "ne peuvent justifier de liens avec la ville d'Angers"

... Assurément, vivre à la rue depuis 4 ou 5 ans dans cette ville, la connaître comme sa poche, y voir grandir ses enfants, y voir souffrir et vieillir ses proches, crier avec des sans-abri de tous les horizons "un toit c'est un droit", manifester aux côtés des salariés angevins pour les retraites, occuper des maisons laissées vides par la mairie aux 4 coins d'Angers, résister à la police sur le toit d'un immeuble à une expulsion illégale, défiler déguisé pour le carnaval et applaudir aux accroche-coeurs, témoigner lors d'un rassemblement pour les droits des Roms à l'appel d'associations angevines (souvenez-vous, l'appel "contre la xénophobie d'Etat"...), essayer en vain d'obtenir des rdv à pôle emploi, passer des entretiens d'embauche pour ramasser les pommes et se voir refuser le travail pour cause de "difficultés administratives", serrer la main d'un bon paquet de notables hypocrites de la mairie, la préfecture ou du conseil général, répondre aux éternelles questions des journalistes "mais, en fait, que cherchez-vous ici ??"

....Assurément tout cela témoigne l'attachement de ces Rroms roumains avec la ville d'Angers et sa population depuis des années, et de leur volonté acharnée de défendre leur dignité, et ce, même dans la misère la plus implacable. Ainsi, plus que jamais isolés et privés de tout sauf des visites de police, les Rroms avec qui on a tant partagé depuis le "48" continuent à organiser leur survie en attendant des jours meilleurs...

Pour les demandeurs d'asile :
La domiciliation des primo-arrivants par la plateforme "Espace accueil" (en charge de l'orientation des demandeurs d'asile à Angers) reste problématique, car soumise aux capacités de logement sur le département, capacités structurellement déficitaires. La domiciliation par EA est ainsi devenue depuis 4 ans le moyen pour la préfecture de réguler le flux de demandeurs d'asile à Angers, en d'autres termes de les faire dégager ailleurs, un peu ou beaucoup plus loin, peu importe, tant qu'ils quittent le Maine-et-Loire...
Petit rappel : sans domiciliation, pas de possibilité de déposer une demande d'asile et donc de bénéficier des conditions matérielles d'accueil, possibilité par contre de se faire embarquer à tout moment puisque les personnes sont officiellement sans-papiers...

Pour les SDF français et immigrés hors demandeurs d'asile :
Leur situation déjà précaire s'est dégradée à partir de 2007 quand le gouvernement sous prétexte d'insertion et d'accompagnement durable a fermé nombre d'hébergements d'urgence. Comme parallèlement le budget des hébergements d'urgence pour les demandeurs d'asile ( HUDA) ont été diminués de 47% pour 2008, la préfecture a dirigé les demandeurs d'asile vers l'accueil d'urgence de droit commun c'est à dire le 115... pour devenir systématique dans les années suivantes. Nous avions alertés la préfecture dès 2010 sur la dérive raciste que cela pouvait entraîner chez les SDF se sentant exclus par les « étrangers » ; les pouvoirs publics ont, par le fait, alimenté la stigmatisation de l'étranger encouragée par des politicards démagogues. Nous le répétons avec force : les demandeurs d'asile ont leur propre structure d'accueil et ne devraient pas avoir recours au « 115 »


Le droit d'asile, le droit au logement et les droits de l'homme selon le pouvoir :
Tout ce qui précède constitue évidemment une violation totale du droit, mais à quoi bon invoquer le droit face au préfet puisque les tribunaux eux-mêmes l'ignorent superbement ? Le nouveau préfet lors d'une réunion avec les associations a affirmé qu'il n'allait pas laisser à la rue des français pour héberger des étrangers fussent-ils demandeurs d'asile alors que 60 migrants sans-abris s'étaient mobilisés devant la préfecture à l'occasion de cette entrevue..  Français ou étrangers personne ne peut être laissé à la rue. C'est inscrit à l'article 543 du Code d'Action sociale et des familles ; Le 10 février de cette année le Conseil d'Etat a consacré l'hébergement d'urgence comme 22ème liberté fondamentale. L'hébergement pérenne des demandeurs d'asile l'était déjà comme corollaire du Droit d'asile et dans le droit communautaire européen depuis 2003 par la directive « Accueil ». C'est donc au mépris de ces deux libertés fondamentales que le Tribunal administratif de Nantes vient de refuser, les 17 et 18 de ce mois, l'obligation d'héberger à une vingtaine de demandeurs d'asile dont des familles avec enfants.


Devant cette dégradation des conditions de vie des uns et des autres, devant cette volonté des pouvoirs en place de dresser français et étrangers les uns contre les autres nous ne pouvons plus tolérer ces manquements aux droits humains fondamentaux. La loi aussi imparfaite soit-elle existe et nous devons être nombreux à exiger qu'elle soit appliquée et cela commence devant la gare aux côtés des demandeurs d'asile-SDF.

Un toit pour tous, c'est un droit !
Préfecture, hors la loi !
Le droit de vivre ne se mendie pas, il se prend !