http://www.angersmag.info/Les-squatteurs-d-Orgemont-expulses-tot-ce-mardi-matin_a7371.html
http://www.courrierdelouest.fr/actualite/angers-le-squat-de-la-rue-dorgemont-evacue-par-les-crs-09-07-2013-113782
http://www.ouest-france.fr/actu/actuLocale_-Angers.-Le-squat-de-la-rue-d-Orgemon-evacue-rassemblement-devant-la-mairie_40774-2210504------49007-aud_actu.Htm
Une plateforme d'information sur la situation des migrants et des demandeurs d'asile en Maine-et-Loire. Porter un regard critique sur les réalités vécues par les migrants et faire respecter leurs droits.
mardi 9 juillet 2013
Expulsion du Village : C'est fait !
Expulsion du Village
Les maisons du Village (rue Orgemont) ont été évacuées ce mardi, 9 juillet, à 6h. Les habitants ont bien entendu été priés de quitter les lieux.
La dizaine de Rroms présente sur place a été invitée chaleureusement au commissariat. Certains d'entre eux sont dès à présent en route vers le Centre de Rétention Adminstrative de Rennes.
Une semaine après le début des vacances scolaires, la saison estivale démarre sur les chapeaux de roue. On peut une fois encore féliciter les pouvoirs locaux qui font preuve d'une grande maîtrise dans ce dossier et d'un sens aigu du calendrier.
Les personnes désireuses d'apporter leur soutien aux habitants et de manifester leur indignation sont invités à se rassembler à 14h devant la mairie d'Angers.
Salutations.
Le CSSP49
Les maisons du Village (rue Orgemont) ont été évacuées ce mardi, 9 juillet, à 6h. Les habitants ont bien entendu été priés de quitter les lieux.
La dizaine de Rroms présente sur place a été invitée chaleureusement au commissariat. Certains d'entre eux sont dès à présent en route vers le Centre de Rétention Adminstrative de Rennes.
Une semaine après le début des vacances scolaires, la saison estivale démarre sur les chapeaux de roue. On peut une fois encore féliciter les pouvoirs locaux qui font preuve d'une grande maîtrise dans ce dossier et d'un sens aigu du calendrier.
Les personnes désireuses d'apporter leur soutien aux habitants et de manifester leur indignation sont invités à se rassembler à 14h devant la mairie d'Angers.
Salutations.
Le CSSP49
dimanche 7 juillet 2013
Communiqué du CSSP49
Angers, le 5 juillet 2013
Le « Village »,
un ensemble de quatre maisons était, depuis octobre 2012, le lieu de
vie de communautés aussi différentes que des Rroms européens, des
SDF français, des demandeurs d'asile d'Europe de l'Est ou de la
corne de l'Afrique. Nous savions que ce n'était pas une solution
mais c'était au moins une réponse immédiate pour mettre à l'abri
des populations abandonnées par les pouvoirs ayant obligation de les
prendre en charge.
L'état à travers son
représentant préfectoral a obligation d'accueillir toute personne
ou famille qui a fui son pays d'origine et de lui fournir un minimum
vital tel le logement et la nourriture. Depuis 2008, cet accueil
s'est dégradé de façon alarmante, tant pour les personnes que pour
les familles concernées au point de nous forcer à ouvrir notre
première réquisition à l'ancienne gendarmerie des Ponts de Cé.
Cette année a été pire que les précédentes malgré la baisse des
arrivées de réfugiés. La seule réponse du préfet a été un
refus catégorique de discuter la question du logement avec les
associations !
Le Conseil général est
en charge des mineurs et de leur famille à travers les services
de l'Aide sociale à l'Enfance. La situation s'est dégradée à un
point tel que des familles entières dormaient dans la rue, du côté
de la gare, l'hiver dernier et que dix mineurs isolés étrangers
n'ont pu être pris en charge par les services de l'ASE depuis
février. La question n'est toujours pas réglée à ce jour; si les
associations notent que quatre adolescents ont été pris en charge
par l'ASE, deux ont disparu et quatre sont soignés, en état de
détresse tant physique que mentale, par les services hospitaliers.
Non content de ne pas
assumer ses responsabilités, le Conseil général fait payer la note
de ses incohérences à la sécurité sociale!
La mairie se doit de
s'occuper de la réinsertion des jeunes et moins jeunes en déshérence
qu'ils soient français ou non quand ils sont à la rue. Là encore
le bilan est catastrophique; la seule solution (?) avancée par la
mairie en accord avec la préfecture est un hébergement en algecos
de location qui ne répond en rien aux normes sanitaires et laissent
les concernés en errance pour la journée. En janvier, lors des vœux
du mairie, à la Roseraie, nous avions proposé un huit pages
contenant notre appréhension de la question du logement et
proposions des solutions immédiates à mettre en œuvre rapidement.
L'intérêt de nos propositions est, entre autre, le faible coût par
rapport aux hôtels, la possibilité d'accompagnement réel des
populations concernées et de pouvoir loger tout le monde...
Ces
solutions avancées supposaient que les services sociaux des trois
pouvoirs locaux coopèrent avec les associations concernées et les
intéressés pour assurer une réelle insertion. Le maire n'a
toujours pas daigné nous répondre.
Pour
le « Village » et malgré un lourd passé fait
d'expulsions de squat, d'ignorance méprisante et d'hypocrisie, nous
avons laissé le bénéfice du doute à la mairie actuelle pensant
que le départ de Mr ANTONINI avait peut-être changé la donne. Mr
LECLERC du Cabinet du maire s'était engagé à nous prévenir avant
l'expulsion et mettre le temps à profit pour reloger les gens du
« Village ». Cela fait déjà quelques mois...
Occasion
manquée s'il en fut de mettre Angers à la pointe du combat contre
l'exclusion par des solutions innovantes à la crise du logement
L'hypocrisie
des élus municipaux et de ses technocrates a prévalu: ce n'est pas
eux mais les services de police qui nous ont averti de l'expulsion
imminente et en fait de relogements, ce sont les hôtels et, en
urgence, les algecos qui serviront d'hébergements au détriment des
sans abris concernés et des finances publiques et... des laissés
pour compte faute de places suffisantes.
Dans
les faits, rien n'a changé et nous ne pouvons que déplorer le
manque de lucidité et la lâcheté politique tant des élus que des
responsables administratifs à laisser des gens dans les rues d'une
agglomération où trois à quatre mille logements sont vides et
pourrissent faute d'occupants.
mercredi 26 juin 2013
Communiqué RUSF Angers
Mobilisation pour la défense
des étudiant-es sans
papiers !
Sous le gouvernement de Sarkozy, la
France a multiplié les mesures répressives à l’égard des étrangers.
Aujourd’hui, le parti socialiste au pouvoir poursuit et même intensifie cette politique. À
Angers, comme partout, cela se traduit notamment par des avis d’expulsions à
l’encontre des étudiant-es étranger/ères qui selon la préfecture ne rempliraient pas
les conditions de séjour. Parce que tous les êtres humains
devraient pouvoir circuler, étudier, s’installer librement là où ils le
souhaitent, le Réseau Universités Sans
Frontières (RUSF) s’oppose à cette politique! Des étudiant-es sont
aujourd'hui interrompu-es dans leur cursus, bloqué-es pour trouver un
emploi, menacé-es à d'expulsion du territoire à chaque instant pour la
seule raison qu'ils ou elles n'ont pas de papiers.
Au
delà de son obstination aveugle et odieuse contre ces étudiant-es, la
préfecture du Maine-et-Loire ne respecte même pas ses engagements,
puisqu'elle vient d'emmettre une nouvelle Obligation de Quitter le
Territoire à Djelika,
étudiante malienne, alors même que le préfet M. Burdeyron nous avait
assuré qu'il n'y aurait pas de nouvelle mesure d'expulsion à son
encontre.
Où sont aujourd'hui les engagements de souplesse et de compréhension à
l'égard des étudiants sans papiers, engagements que M. Burdeyron avait
pris en personne en septembre 2012 lors d'une rencontre avec le RUSF?
En
cette fin d'année, face à un gouvernement intransigeant et à une
préfecture aux ordres, il est toujours nécessaire d'affirmer notre
solidarité avec les étudiant-es sans papiers!
RASSEMBLEMENT
SAMEDI 29 JUIN à 15H
DEVANT LA PREFECTURE DU MAINE-ET-LOIRE
Une carte d'étudiant = une carte de
séjour
Régularisation de tous les sans papiers
Mobilisation pour la défense des étudiant-es sans papiers !
Sous le gouvernement de Sarkozy, la France a multiplié les mesures répressives à l’égard des étrangers. Aujourd’hui, le parti socialiste au pouvoir poursuit et même intensifie cette politique. À Angers, comme partout, cela se traduit notamment par des avis d’expulsions à l’encontre des étudiant-es étranger/ères qui selon la préfecture ne rempliraient pas les conditions de séjour. Parce que tous les êtres humains devraient pouvoir circuler, étudier, s’installer librement là où ils le souhaitent, le Réseau Universités Sans Frontières (RUSF) s’oppose à cette politique! Des étudiant-es sont aujourd'hui interrompu-es dans leur cursus, bloqué-es pour trouver un emploi, menacé-es à d'expulsion du territoire à chaque instant pour la seule raison qu'ils ou elles n'ont pas de papiers.
Au delà de son obstination aveugle et odieuse contre ces étudiant-es, la préfecture du Maine-et-Loire ne respecte même pas ses engagements, puisqu'elle vient d'emmettre une nouvelle Obligation de Quitter le Territoire à Djelika, étudiante malienne, alors même que le préfet M. Burdeyron nous avait assuré qu'il n'y aurait pas de nouvelle mesure d'expulsion à son encontre.
Où sont aujourd'hui les engagements de souplesse et de compréhension à l'égard des étudiants sans papiers, engagements que M. Burdeyron avait pris en personne en septembre 2012 lors d'une rencontre avec le RUSF?
En cette fin d'année, face à un gouvernement intransigeant et à une préfecture aux ordres, il est toujours nécessaire d'affirmer notre solidarité avec les étudiant-es sans papiers!
RASSEMBLEMENT
SAMEDI 29 JUIN -15H
DEVANT LA PREFECTURE DU MAINE-ET-LOIRE
SAMEDI 29 JUIN -15H
DEVANT LA PREFECTURE DU MAINE-ET-LOIRE
Une carte d'étudiant = une carte de séjour
Régularisation de tous les sans papiers
AG/permanences tous les premiers mardis de chaque mois à 19h
(Bourse du travail,14 place Imbach, local de SUD étudiant/Solidaires)
vendredi 21 juin 2013
STOP A LA DELOCALISATION DES AUDIENCES
Défendre et juger sur le tarmac :
stop à la délocalisation des audiences !
DÉLOCALISATION, UNE
JUSTICE A L’ISOLEMENT ET SOUS PRESSION OU QUAND LE MINISTERE DE
L’INTERIEUR ORGANISE LES CONDITIONS D’UN PROCES
INEQUITABLE
Depuis plusieurs semaines, les Président et Procureur de la République du Tribunal de Grande Instance de Bobigny organisent des réunions et visites de site dans le cadre de la mise en place d’une salle d’audience délocalisée sur l’emprise de l’aéroport de Roissy Charles de Gaulle pour les étrangers maintenus en zone d’attente.
Depuis plusieurs semaines, les Président et Procureur de la République du Tribunal de Grande Instance de Bobigny organisent des réunions et visites de site dans le cadre de la mise en place d’une salle d’audience délocalisée sur l’emprise de l’aéroport de Roissy Charles de Gaulle pour les étrangers maintenus en zone d’attente.
Ce bâtiment de Justice dont le maître d’ouvrage est le Ministre de l'intérieur sera situé dans l'enceinte barbelée de la zone d'attente, que seule une porte blindée sépare du lieu d’hébergement.
Salle d'audience, greffe, bureaux des interprètes et Avocats seront ainsi installés au rez-de-chaussée même du bâtiment dans lequel sont enfermés, à l’étage, les étrangers auxquels l’entrée sur le territoire français est refusée.
Avec cette délocalisation, le Juge des Libertés et de la Détention (JLD), Juge unique, sera à son tour tout comme l'avocat de l'étranger, isolé hors de sa juridiction, à l'écart de ses collègues (pour l'avocat, de ses confrères, d'un membre du Conseil de l'Ordre ou de son Bâtonnier) et sous le regard constant de l'appareil policier chargé tout à la fois de la gestion de la zone d’attente et du refoulement hors du territoire des étrangers qui y sont enfermés.
Le principe fondamental de la publicité des débats ne pourra à l’évidence être respecté, compte tenu de l'éloignement de ce lieu de « Justice » et de son isolement dans une partie de la zone aéroportuaire que quasiment aucun transport en commun ne dessert.
Or la justice doit être publique : c'est l'une des conditions de son indépendance comme de son impartialité.
Comment pourrait-on avoir confiance en une Justice tenue à l’écart, nécessairement soumise à la pression d’une partie omniprésente dont l’objectif est d’assurer le refoulement du plus grand nombre ? Accepterions-nous, s’ils n’étaient étrangers, que les justiciables soient jugés dans des Tribunaux d’exception : un gardé à vue dans un Commissariat, un mis en examen dans sa maison d’arrêt?
Nous ne pouvons rester indifférents ou résignés alors que la Justice est en passe d’être sacrifiée sur l’autel des économies budgétaires.
Nous appelons chacun
d'entre vous à la mobilisation contre ce projet et demandons, avant
même son inauguration, la fermeture définitive de cette salle
d'audience.
Tribune dans Libération du 6 juin 2013
:
http://www.liberation.fr/societe/2013/06/05/defendre-et-juger-sur-le-tarmac_908572
Organisations signataires
: Groupe d’information et de soutien des immigrés (Gisti),
Syndicat de la magistrature, Avocats pour la défense des droits des
étrangers (Adde), Ligue des droits de l’homme (LDH), la Cimade,
Syndicat des avocats de France (SAF), Mouvement contre le racisme et
pour l’amitié entre les peuples (Mrap), Syndicat de la médecine
générale (SMG), revue «Pratiques», Action des chrétiens pour
l’abolition de la torture (Acat), Comité médical pour les exilés
(Comede), Association nationale d’assistance aux frontières pour
les étrangers (Anafé), Observatoire citoyen du Centre de rétention
administrative de Palaiseau, Association pour la Reconnaissance des
Droits des personnes Homosexuelles & transsexuelles à
l'Immigration et au Séjour (ARDHIS)...
mercredi 12 juin 2013
Communiqué du GISTI à propos des MIE et de la nouvelle circulaire...
Un protocole entre l'État
et les départements vient de créer un « dispositif national de
mise à l'abri, d'évaluation et d'orientation des mineurs isolés
étrangers ».
L'annonce d'un dispositif
dérogatoire au droit commun pour les étrangers est rarement une
bonne nouvelle. D'un traitement différencié à un traitement
discriminatoire, il n'y a qu'un pas, souvent franchi (voir par
exemple en matière d'allocations familiales, d'accès à la CMU, au
marché de l'emploi...). C'est maintenant le dispositif de protection
de l'enfance qui est touché. Parce qu'ils sont étrangers, des
enfants en danger du fait de leur isolement, au lieu d'être pris en
charge, comme les autres mineurs privés de soins, là où on
découvre leur existence et les dangers qu'ils ou elles encourent, et
parfois là où des liens de confiance ont commencé à être noués,
vont pouvoir être envoyés à l'autre bout du territoire
métropolitain. Il s'agit donc avant tout, pour les départements les
plus sollicités, de refiler une patate chaude aux autres. Ces autres
- les départements peu sollicités - pourront refuser, en toute
légalité, de participer à sa mise en oeuvre. Le dispositif
s'appuie, en effet, sur un texte d'orientation sans fondement
juridique solide.
Concrètement, le «
protocole » prévoit une prise en charge financière par l'État de
5 jours initiaux d'évaluation de la situation des jeunes, avant leur
envoi vers tel ou tel département selon un système de répartition
nationale censé être équitable.
Loin de répondre à «
l'intérêt supérieur de l'enfant », selon ce qu'exigent les textes
internationaux, ce dispositif dérogatoire tente de satisfaire les
exigences de départements, toujours plus nombreux à se plaindre
d'avoir à prendre en charge sur leurs finances des enfants étrangers
qui n'ont aucune attache avec leur territoire. Selon un argument
régulièrement invoqué par les conseils généraux et repris par
l'Association des départements de France, les mineurs isolés
étrangers seraient avant tout des migrants, dont la responsabilité
incomberait à l'État.
Ce protocole est-il
vraiment le fruit d'une volonté d'améliorer l'accueil de ces
mineurs ? On a plutôt le sentiment qu'il est un compromis entre
l'État et ces départements. Dans ce jeu de dupes, le premier adopte
une posture légaliste en rappelant aux seconds que la prise en
charge de ces mineurs est de leur compétence alors qu'il les
maltraite lui-même dès qu'il en a l'occasion : à leur arrivée à
la frontière en les plaçant
en zone d'attente, en ne les régularisant qu'au compte goutte à
leur majorité, en menant une politique de suspicion systématique
par l'intermédiaire des parquets. Pour leur part, les départements
les plus véhéments voient surtout dans ce texte le moyen de se
débarrasser à bon compte d'une partie du « fardeau » sur leurs
voisins.
La situation des jeunes
isolés dans certains départements a toutefois atteint un tel
niveau de délaissement et de déni de droits qu'on finit par se
demander... s'ils n'ont pas en effet intérêt à aller là où on
acceptera de les accueillir avec un minimum d'égards !
Truffé d'expression
comme « s'assurer de la minorité », « doute sur les déclarations
de l'intéressé », « fraude documentaire » et n'écartant pas
l'usage d'expertises médicales de vérification de l'âge, malgré
leur peu de fiabilité avérée, le nouveau dispositif est avant tout
marqué par la suspicion. Il généralise à l'ensemble de la France
les pratiques des départements et des parquets les plus
contestables. Il étend un peu vite à la totalité du territoire
national (à l'exception de l'outre-mer où rien n'est prévu
évidemment) une recette similaire à celle expérimentée à partir
d'octobre 2011 en Seine-Saint-Denis où 90% des mineurs isolés
trouvés sur le territoire de ce département ont été renvoyés
vers une vingtaine d'autres départements. Ce premier dispositif de
répartition est pourtant loin d'avoir démontré qu'il avait
amélioré l'accueil des jeunes concernés.
Contrairement à
l'objectif affiché par le protocole d'« apporter aux jeunes toutes
les garanties liées à la nécessaire protection de leur intérêt
et au respect de leur droits », ces enfants étrangers resteront,
avec le nouveau dispositif, tout aussi démunis face aux décisions des autorités
administratives et judiciaires. Qui les assistera lors de l'«
entretien d'accueil qui confirme[ra] ou infirme[ra] la nécessité
d'une mesure de protection » ? Que pourront-ils faire en cas de
refus de prise en charge par l'aide sociale à l'enfance (ASE) ? Quel
recours leur permettra de contester les décisions de non-lieu à
assistance éducative des parquets ? Et, à supposer qu'ils en soient
informés, qui les aidera à saisir le juge des enfants en cas de
refus de prise en charge à l'issue des cinq jours d'« évaluation »
financée par l'État ? Plus prosaïquement, comment survivront-ils
dans l'attente de la convocation du juge ? Où celui-ci devra-t-il
envoyer la convocation à l'audience pour un ou une enfant à la rue
?
Aucune de ces questions
n'est réglée par le protocole. C'est pourtant parce qu'elles sont
actuellement sans réponse que, comme le reconnaît lui-même ce
document par un bel euphémisme, les « conditions de prise en charge
de ces jeunes [...] ne sont pas satisfaisantes » .
En décembre 2012, le
Défenseur des droits avait rendu publiques 15 recommandations pour
une prise en charge des mineurs isolés correspondant et au droit
interne français et aux obligations internationales de la France. Ce
protocole, à l'évidence, fait l'impasse sur ces recommandations.
Le nouveau dispositif
comporte donc beaucoup d'incertitudes et de dispositions
inquiétantes. Il n'offre aucune garantie que les mineurs
bénéficieront d'une prise en charge éducative effective. Imaginé
davantage pour décharger les départements les plus sollicités que
par souci de l'avenir et de la prise en charge des mineurs concernés,
le dispositif peut parfaitement susciter l'opposition de certains
conseils généraux et rester ainsi partiellement ou totalement
lettre morte.
Le 12 juin 2013
Voir le communiqué collectif :
L'accueil des mineurs isolés en Seine Saint
Denis : la vigilance reste de mise
21 octobre 2011.
Voir notre dossier « Les mineurs
étrangers isolés »
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