samedi 28 juin 2014

Chaos à Calais



https://passeursdhospitalites.wordpress.com/2014/06/27/chaos-a-calais/


Le tribunal administratif a décidé l’expulsion sans délais du lieu de distribution des repas à partir de la signification du jugement, c’est-à-dire que l’expulsion deviendra possible dans le courant de la semaine prochaine, selon la célérité avec laquelle le préfet accordera le concours de la force publique – ou selon ce qui a été organisé de concert entre la mairie et la préfecture si elles se sont mises d’accord sur le déroulement des opérations.

Bien entendu, aucune solution n’est proposée aux personnes qui habitent sur le lieu de distribution des repas.

Les associations et les exilés vont prendre le temps de faire le point sur la situation et d’envisager que faire. Les recours juridiques possibles sont étudiés avec Me Nobert Clément, qui a assuré la défense des habitants du lieu de distribution. Les associations ont aussi décidé de boycotter la réunion du conseil des migrants convoquée pour aujourd’hui, pour dénoncer l’absence de dialogue et la violence de la politique municipale.

Plus de quatre cents personnes habitent là maintenant. Parmi elles, entre trente et cinquante mineurs, adolescents et pré-adolescents (la question des mineurs a été soulevée avec insistance ces derniers mois, comme aucune solution n’a été apportée ils sont toujours là), et quelques mineures. Une trentaine de femmes, dont certaines enceintes, et certaines avec des enfants de quatre à six ans. Jusqu’à présent la maison de l’avenue Victor Hugo accueillait les femmes et les enfants, mais soixante-treize personnes y habitaient en milieu de semaine, il n’y a décidément plus d’espace disponible.

À ce propos, la préfecture ajoute au chaos ambiant s’il est possible. Le préfet avait annoncé le déménagement à la fin du mois du lieu d’accueil des femmes, sans donner de précision de lieu. Le Secours catholique vient d’apprendre que l’État réquisitionnait pour l’hébergement des femmes le lieu d’accueil de jour géré par le Secours catholique. Il s’agit d’un préfabriqué posé au-delà de la rocade de contournement de Calais, au milieu des champs, à une heure de marche du centre-ville (la localisation a été imposée par la mairie), impropre à l’habitation. Plus de soixante-dix femmes et enfants de l’avenue Victor Hugo et plus de trente femmes et enfants du lieu de distribution des repas, il est incapable d’accueillir plus d’une centaine de personnes.

Le Secours catholique accueille là quotidiennement soixante à quatre-vingt personnes, il y a aussi ses bureaux pour l’accompagnement des demandeurs d’asile. L’activité de l’association s’en trouvera déstructurée. Règlement de compte du préfet vis-à-vis des associations qu’il trouve trop peu dociles ?

L’incohérence qui règne dans l’action de l’État depuis plus d’un mois tient-elle à l’incompétence du préfet du Pas-de-Calais, auquel cas M. Cazeneuve serait charitable de le renvoyer pour le remplacer par quelqu’un d’à-peu-près capable de gérer la situation ? Ou est-elle délibérée pour faire basculer la situation dans la violence – dernière arme d’un gouvernement aux abois ?

Malheureusement, la circulaire du 11 mars 2014, signée par Manuel Valls dans la dernière ligne droite de la campagne des municipales, énonce : "Lorsque la nationalité de l’étranger est établie ou qu’il est titulaire de documents de voyage, je vous invite à privilégier la voie de son éloignement vers son pays d’origine. Dans les autres cas, cette voie doit également être recherchée, sans négliger toutefois la réadmission au sein de l’Union européenne, lorsqu’elle est possible, qui permet d’assurer que la situation irrégulière ne reste pas sans réponse" (page 3).


C’est une réponse possible à la question "où vont aller les gens après l’expulsions ?" Après le couple Besson – Sarkozy se mettant en scène expulsant les Afghans en Afghanistan, on aurait comme un remake maquant d’imagination le couple Hollande – Valls expulsant les Soudanais au Soudan ou les Syriens en Syrie, pour mettre en scène sa fermeté face à "l’invasion migratoire", et briser ce qui reste du "ni-ni", ces personnes ni régularisables ni expulsables, ce qui reste de barrière morale pour que les personnes ne soient pas renvoyées vers la torture et la mort. Malheureusement de ce pouvoir tout est possible.

Le pire n’est jamais sûr, mais le prévoir permet parfois de l’éviter.

Espérons-le. Et créons ensemble cet autre possible.


Calais : Expulsion du lieu de distribution des repas


https://passeursdhospitalites.wordpress.com/2014/06/27/expulsion-du-lieu-de-distribution-des-repas-lours-defendra-sa-peau/


En fin d’après-midi, un huissier accompagné de deux policiers municipaux est venu déposer deux présentoirs sur lesquels était fixé le dossier d’une centaine de pages en français de la saisine du tribunal administratif par la mairie de Calais pour obtenir l’expulsion des personnes occupant le lieu de distribution des repas.


Dans le dossier, il y a un formulaire en français que doivent signer les occupants du lieu auxquels la plainte a été signifiée. L’huissier essaye de faire signer des exilés, qui refusent de signer un papier qu’ils ne comprennent pas. Il apostrophe par son nom un bénévole présent, qui lui réplique qu’il n’habite pas là. L’huissier insiste pour avoir sa signature. Un bénévole naïf aurait peut-être signé sans savoir les conséquences. Est-ce la loi de trouver un quidam qui n’habite peut-être pas là pour signer un document qu’il ne comprend pas ?


Les occupants du lieu essayent de comprendre ce qui se passe. Lecture du document, explications, traduction. La mairie de Calais a saisi le tribunal administratif en référé (procédure accélérée) pour demander l’expulsion des personnes occupant le lieu de distribution des repas. L’audience est fixée au lendemain vendredi 27 juin à 9h30. On signifie la convocation au jugement en fin d’après-midi pour le lendemain matin à Lille à des personnes ne comprenant généralement pas le français.


Peu importe, on téléphone pour trouver un avocat pouvant représenter les exilés au procès – pour que celui-ci soit à-peu-près équitable, même si l’avocat n’a concrètement pas le temps de prendre connaissance du dossier – ce qui peut motiver un report d’audience et permettre de gagner le temps de vraiment préparer la défense.


L’affichage de la plainte sur des présentoirs aux accès du lieu de distribution des repas est destinés aux riverains hostiles aux exilés – les autres n’ont pas droit à la parole – et met en scène une opposition entre « Calaisiens » et « migrants » qui sert à masquer que la maire de Calais ne fait rien pour les Calaisiens et mène une politique contraire aux intérêts du territoire.


Comme souvent, les exilés ont répondu de manière digne. Quand sont venus les bénévoles qui avaient prévu de discuter des violences policières, et qu’ils leur ont expliqué la situation, les enjeux, leur ont dit qu’ils avaient trouvé un avocat pour les défendre, ils et elles ont été plus de trois cents à donner leur nom et signer la délégation de pouvoir à l’avocat pour les représenter. Face à la violence qu’ils subissent chaque jour ils ont opposé le respect de leurs droits.


Sachant que la mairie de Calais saisit le tribunal de ses propres turpitudes. Lorsque jour après jour les exilés collectent leurs déchets dans des sacs-poubelles et les déposent pour qu’ils soient collectés, c’est la mairie de Calais qui crée l’insalubrité en ne les ramassant pas. Lorsque les associations interpellent la mairie pour nettoyer les trois toilettes chimiques qui sont à l’entrée du lieu de distribution des repas et augmenter leur nombre en fonction du nombre de personnes qui utilisent le lieu ou vivent à proximité immédiate, et n’obtiennent aucune réponse, c’est bien la mairie de Calais qui crée l’insalubrité.


Évacuer le lieu de distribution des repas pour aller où ? La question est la même qu’à la veille de l’expulsion des campements du 28 mai. Et toujours pas une trace de solution de la part des autorités.

jeudi 26 juin 2014

Calais : Victor Hugo, l’inquiètude des Cosettes


Hier en fin de journée, un groupe d’hommes et quelques femmes bavardent devant l’ancien squat Victor Hugo. Une question inquiète est posée : le lieu doit fermer le 30 juin, les femmes savent qu’elles doivent partir, personne ne leur a dit où. Ils et elles craignent qu’elles se retrouvent à la rue.

Ce squat ouvert en juin 2013 par des membres de No Border, qui accueillait plus spécifiquement des femmes et qui était sous le coup d’un jugement d’expulsion depuis décembre, a été repris il y a un mois par Solid’R, une association d’insertion qui gère déjà un CHRS (Centre d’Hébergement et de Réinsertion Sociale), à la demande de l’État. Le préfet du Pas-de-Calais a annoncé aux associations et à la presse le 18 juin que la maison de l’avenue Victor Hugo serait rendue à sa propriétaire le 30 juin, et que le dispositif d’accueil serait pérennisé jusqu’à octobre dans un autre lieu. Silence par contre par rapport aux nouvelles conditions d’accueil. Cinq jours avant le déménagement, les principales intéressées ne savent toujours pas à quoi s’en tenir.

En terme de taille l’ancien squat est une maison qui conviendrait à un couple plutôt modeste avec enfants. Quand les discussions ont commencé entre les associations, la préfecture, des membres de No Border et Solid’R à la fin de l’hiver, elle accueillait une trentaine de femmes et d’enfants. Quand Solid’R a repris les lieux, elle en accueillait une soixantaine.

Comme le lieu est plein, des femmes dorment à nouveau dehors. Elles sont entre quinze et vingt à dormir sur le bitume du lieu de distribution des repas.

No Border avait mis en place une expérience intéressante d’accueil des femmes exilées à Calais. À force de bricolage, de mesures à court terme et d’absence de perspectives, l’État a réussi à ce qu’il y ait à nouveau des femmes à la rue à Calais.

[Publié le 26 juin 2014 sur le blog Passeurs d'hospitalités]

63 migrants morts en Méditerranée : l’armée française devra finalement s’expliquer.

Communiqué du GISTI

63 migrants morts en Méditerranée : l’armée française devra finalement s’expliquer.

À la suite du drame du « bateau cercueil » (left-to-die-boat) qui a coûté la vie, en mars 2011, à 63 personnes à proximité des côtes libyennes, au plus fort des opérations militaires coalisées en Méditerranée, quelques rescapés et plusieurs organisations ont déposé une plainte, le 14 juin 2013, mettant en cause l’armée française pour non assistance à personne en danger.

Sans même engager la moindre investigation, la juge d’instruction, le 6 décembre 2013, a prononcé un non lieu « ab initio », en reprenant à son compte les affirmations de l’état major des armées selon lesquelles aucun bâtiment français n’était présent sur cette zone. Elle faisait ainsi bon marché des rapports d’organismes européens concluant à la nécessité de mener une enquête approfondie afin d’identifier les navires impliqués.

Parce que les rescapés et les familles des victimes, ainsi que les organisations qui les soutiennent, avaient le droit d’en savoir plus, un appel a été formé contre l’ordonnance de non-lieu.

La chambre de l’instruction vient d’infirmer l’ordonnance de non lieu : elle estime qu’une information judiciaire doit être ouverte et menée à son terme.

Cette décision sonne comme un avertissement adressé à l’Union européenne et à ses États membres qui s’emploient à dresser toutes sortes d’obstacles : juridiques, physiques, paramilitaires, au franchissement des frontières par des migrants jugés indésirables aussi longtemps qu’ils n’ont pas été « choisis ». On sait bien, pourtant, que l’accumulation de dispositifs aussi coûteux que sophistiqués ne dissuade pas les candidats au départ mais les contraint seulement à recourir à des voies de plus en plus dangereuses pour gagner l’Europe.

La décision des juges français d’ouvrir une enquête fera peut-être prendre conscience de ce que les morts en mer, dont la liste s’allonge chaque jour, ne peuvent être tenues pour de simples dommages collatéraux de cette cynique politique de « gestion des flux migratoires ». Elle invitera, espérons-le, à cesser de se voiler la face sur les drames engendrés par cette politique, a fortiori lorsqu’ils se déroulent sous les yeux de nos armadas.


Rappel des faits :

En mars 2011, 72 migrants quittent la Libye en guerre, à bord d’un zodiac à destination de l’Italie. Très rapidement, ils perdent le contrôle de l’embarcation et lancent un appel au secours. Leur appel est reçu par les garde-côtes italiens qui adressent alors des messages de détresse à l’OTAN et aux bâtiments militaires présents en mer Méditerranée en indiquant leur localisation. Ces appels seront renouvelés toutes les 4 heures pendant 10 jours. Personne ne leur vient en aide. Le zodiac croise un avion, un hélicoptère militaire, deux bateaux de pêche et un gros navire militaire, qui ignorent ses signaux de détresse. Après 15 jours de dérive, le bateau est rejeté sur les côtes libyennes. A son bord, seuls 11 survivants, dont 2 meurent peu après le débarquement en Libye. 63 personnes, dont 20 femmes et 3 enfants, ont trouvé la mort faute de secours. (Voir, Communiqué de presse, « 63 migrants morts en Méditerranée : l’armée française mise en cause pour non-assistance à personnes en danger », et le rapport de Forensic Oceanography).

Cette affaire met également en cause les forces militaires britanniques, italiennes, canadiennes, espagnoles, américaines et belges qui se trouvaient elles aussi à proximité de l’embarcation en dérive. A ce titre, les survivants ont d’ores et déjà déposé plainte en Italie, en 2012, en Espagne, en juin 2013, et en Belgique, le 26 novembre dernier.
Par ailleurs, des demandes de communication d’informations ont été déposées au Royaume-Uni, aux États-unis et au Canada afin d’obtenir des précisions sur les actions des armées de ces deux pays en Méditerranée à la période des faits litigieux.

Une enquête de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe, publiée en avril 2012, a conclu que, « Les pays dont les navires dans les environs du bateau battaient pavillon ont manqué à leur obligation de sauver ces personnes » (Voir le rapport, « Vies perdues en Méditerranée : qui est responsable ? »). Dernièrement, la Cour européenne des droits de l’Homme a été amenée à se prononcer sur le sort réservé par l’Italie aux migrants qui tentent de gagner l’Europe par la Mer. Dans l’affaire Hirsi c. Italie, elle a qualifié d’intolérable le mépris et l’indifférence qui leur sont réservés, affirmant que la mer Méditerranée n’est pas une zone de non droit.


Paris, le 26 juin 2014

FIDH
Gisti
LDH
Migreurop

mercredi 25 juin 2014

lundi 23 juin 2014

Théâtre des Ombres (Calais)

https://passeursdhospitalites.wordpress.com/2014/06/18/theatre-dombres/



Après trois semaines de silence et de refus de communiquer tant avec les associations qu’avec les journalistes, le préfet du Pas-de-Calais invitait aujourd’hui les associations à une réunion et les médias à une conférence de presse. On s’attendait à une annonce allant soit dans le sens du pire (l’expulsion du lieu de distribution des repas, comme il avait annoncé le 21 mai la destruction de trois campements), soit dans le sens d’une amélioration (la proposition d’un lieu où pourraient s’installer les personnes qui occupent le lieu de distribution des repas, et qui pourrait dans l’urgence être équipé comme pourrait l’être un camp de réfugié – accès à l’eau, toilettes, douches, repas ou possibilité de cuisiner, ramassage des déchets – on n’espérait pas de l’État qu’il aille au-delà du minimum vital).

Au lieu de ça on a eu le vide, assorti d’un vague chiffon agité pour faire diversion.

Le préfet a répété que les exilés devaient quitter le lieu de distribution des repas. À la question "pour aller ou ?" il ne donne pas de réponse. Après avoir invité les exilés à squatter, il leur propose de disparaitre.

Au passage, il annonce que l’accueil des femmes exilées qui avait été mis en place jusqu’au 30 juin serait prolongé jusqu’en octobre dans un autre lieu – seule bonne nouvelle de la journée. Le squat ouvert par No Border avenue Victor Hugo avait été repris par une association d’insertion, Solid’R, plutôt qu’expulsé. Il accueille aujourd’hui plus de 60 femmes et enfants dans une maison qui serait normalement habitée par un couple avec enfants. Un déménagement s’impose donc. Mais cet accueil reste précaire, il n’y a pas de visibilité au-delà du mois d’octobre.

Par contre, interrogé sur les trois squats qui accueillent des exilés rue de Vic, rue Auber et rue Massena (presque une centaine d’habitants en tout), pour lesquels un jugement d’expulsion a été rendu, le préfet déclare qu’ils peuvent être évacués à tout moment.

Interpelé sur les violences policières (voir ici et là), à propos desquelles un document lui est remis, le préfet répond qu’il s’agit de "fantasmes".

Vide et absence de dialogue, donc.

Et un chiffon pour faire diversion : les personnes qui choisiront de demander l’asile en France se verront faciliter l’accès à la procédure et à un hébergement.

Début d’après-midi au lieu de distribution des repas, les informations sur la réunion du matin circulent de groupe en groupe, une réunion plénière s’esquisse mais se dissout dans les discussions en groupe. Invités par les exilés, les médias arrivent vers 15h, les interview se croisent.

Vers 17h arrivent le sous-préfet et le directeur départemental de la cohésion sociale, qui réexpliquent aux exilés les décisions de l’État, et présentent comme "la main tendue de la France" la possibilité de demander l’asile, alors qu’il s’agit du simple respect de la loi et des conventions internationales. Ils détaillent : enregistrement immédiat de la demande (il faut actuellement passer deux mois à la rue à Calais, six mois à Paris, pour obtenir un rendez-vous à la préfecture pour déposer sa demande d’asile, en violation de la législation européenne); hébergement (ce qui est le strict respect de la législation française européenne); traitement de la demande en trois mois, ce qui est mieux que les délais actuels, à condition que la réduction de la durée ne signifie pas traitement par dessus la jambe. Discussion avec des exilés, pas de réponse à leurs objections.

Vers 19h arrive l’invité surprise de la journée, le directeur général de l’OFPRA (Office Français de Protection des Réfugiés et Apatrides), qui décrit à nouveau le dispositif d’accueil des demandeurs d’asile qui doit être mis en place.

Question : quel accompagnement pour ces demandeurs d’asile qui vont être hébergés aux quatre coins de la France, généralement dans des foyers d’hébergement d’urgence peu préparés pour ça, qu’il s’agisse de la rédaction en français de leur récit de vie et de la préparation de leur entretien – décisif – avec l’OFPRA, ou des démarches administratives pour accéder à leurs droits en tant que demandeurs d’asile ? Pas de réponse.

Question : qu’en est-il des demandeurs d’asile qui pourraient être renvoyés vers un autre pays européen en vertu du règlement Dublin III, une part importe des personnes présentes dont les empreintes digitales ont été prises à leur entrée dans l’Union européenne ? Pas de réponse.

Fin de la comédie. Le directeur général de l’OFPRA part en laissant des questions vitales sans réponse. Le tout laissant une impression de bricolage, comme le prétendu traitement de la gale et l’hébergement de mineurs pendant cinq jours dans la campagne béthunoise.



Pentax Digital CameraJeu de bonneteau au lieu de distribution des repas : sous quel gobelet se trouve l’asile ?

Pentax Digital CameraTel un dieu descendu des cintres dans un acte d’opéra, le directeur général de l’OFPRA annonce l’asile à ceux qui pour la plupart ne pourront pas en bénéficier tant sont pipées les procédures européennes et françaises.

LA QUINZAINE DES PASSEURS D'HOSPITALITÉS

Calais

Du 3 au 22 juin 2014




L'occupation du lieu de distribution des repas continue, et une grève de la faim y a débuté le 11 juin. Le lieu, où des bénévoles sont quotidiennement présents, oscille entre vie quotidienne et lutte. Les associations se mobilisent. Les autorités sont murées dans l'absence de dialogue, et tentent de faire diversion. Tandis que la brutalité est alentour.


Et, à travers un blog en français et un blog en anglais, des nouvelles de la situation des exilés dans les Balkans.



Menacée d'expulsion depuis son installation, l'occupation du lieu de distribution des repas s'organise, des revendications s'élaborent, des manifestations ont lieu, des activités se mettent en place. Dans un contexte de grande précarité : de nouvelles personnes arrivent chaque jour, il n'y pas assez de toutes ni de couvertures distribuées. Le voisinage, avec la fête maritime crée un contraste criant entre les pavillons blancs accueillant les visiteurs et le bidonville qui vit de l'autre côté des grilles.


http://passeursdhospitalites.wordpress.com/2014/06/03/un-autre-temps/


http://passeursdhospitalites.wordpress.com/2014/06/05/cest-pas-fini/


http://passeursdhospitalites.wordpress.com/2014/06/05/exiles-de-calais-nouveau-communique/


http://passeursdhospitalites.wordpress.com/2014/06/06/exiles-de-calais-manifestation-samedi-14-h/


http://passeursdhospitalites.wordpress.com/2014/06/06/lescale-de-la-honte/


http://passeursdhospitalites.wordpress.com/2014/06/07/exiles-de-calais-manifestation-pour-des-solutions/


http://passeursdhospitalites.wordpress.com/2014/06/09/croisements/


http://passeursdhospitalites.wordpress.com/2014/06/12/camp-qui-lutte-et-camp-qui-vit/


http://passeursdhospitalites.wordpress.com/2014/06/16/exiles-de-calais-la-suite/


http://passeursdhospitalites.wordpress.com/2014/06/22/le-week-end-des-arts/



Le 11 juin, face à l'absence de dialogue avec les autorités, un groupe d'exilés commence une grève de la faim. À la fois moyen de relancer la lutte, mais aussi action désespérée devant l'absence de solution. Ailleurs en Europe, d'autres grèves de la faim ont lieu en réaction aux situations sans issues que créent les politiques migratoires, comme en ce moment-même en Grèce et à Chypre (voir le blog Exilés dans les Balkans).


http://passeursdhospitalites.wordpress.com/2014/06/10/greve-de-la-faim/


http://passeursdhospitalites.wordpress.com/2014/06/11/exiles-de-calais-la-greve-de-la-faim-a-commence/


http://passeursdhospitalites.wordpress.com/2014/06/11/exiles-de-calais-les-grevistes-de-la-faim-sinstallent/


http://passeursdhospitalites.wordpress.com/2014/06/14/premiers-malaises/


http://passeursdhospitalites.wordpress.com/2014/06/18/message-des-grevistes-de-la-faim-aux-autorites/



Autour, les brutalités policières se sont accrues ces dernières semaines, lors des contrôles dans les campements à la périphérie de Calais, sur les parkings et dans le port. Cette violence est trop répandue pour ne pas être le résultat de consignes de la hiérarchie. Les expulsions de squats continuent. Violences d'extrême-droite aussi : un vigile tire sur des exilés à deux reprise pendant la nuit avec une carabine à plomb, faisant deux blessés.


http://passeursdhospitalites.wordpress.com/2014/06/06/ca-cogne-suite/


http://passeursdhospitalites.wordpress.com/2014/06/06/nuit-de-violences-policieres-sur-les-parkings/


http://passeursdhospitalites.wordpress.com/2014/06/09/un-squat-evacue/


http://passeursdhospitalites.wordpress.com/2014/06/13/tir-aux-migrants/



Les associations se mobilisent pour le 20 juin, avec une pétition, une manifestation à Lille pour la remettre au préfet de région, et une veillée en musique à Calais. La préfecture, elle, se mure dans le silence, n'en sort que pour dire que les expulsions vont continuer comme avant et présenter un dispositif exceptionnels pour ceux qui choisiraient de demander l'asile, qui s'avère un rideau de fumée.


http://passeursdhospitalites.wordpress.com/2014/06/15/le-chat-et-la-souris/


http://passeursdhospitalites.wordpress.com/2014/06/17/lappel-du-20-juin/


http://passeursdhospitalites.wordpress.com/2014/06/18/theatre-dombres/


http://passeursdhospitalites.wordpress.com/2014/06/20/lost-in-translation/


http://passeursdhospitalites.wordpress.com/2014/06/21/un-instant-de-fete/


http://passeursdhospitalites.wordpress.com/2014/06/21/lofpra-sert-a-expulser-les-campements/



L'audioblog http://audioblog.arteradio.com/blog/Passeursdhospitalites/ donne la parole à des acteurs de la situation, exilés et soutiens. Il fait notamment la chronique de la grève de la faim par la voix des portes-paroles des jeûneurs.


http://audioblog.arteradio.com/post/3060933/greve_de_la_faim_11_juin/


http://audioblog.arteradio.com/post/3060960/greve_de_la_faim_12_juin/


http://audioblog.arteradio.com/post/3060968/greve_de_la_faim_13_juin/


http://audioblog.arteradio.com/post/3060979/greve_de_la_faim_15_juin/


http://audioblog.arteradio.com/post/3061024/greve_de_la_faim_17_juin/


http://audioblog.arteradio.com/post/3061051/greve_de_la_faim_18_juin/


http://audioblog.arteradio.com/post/3061067/situation_du_mouvement_des_exiles/


http://audioblog.arteradio.com/post/3061069/greve_de_la_faim_19_juin/


http://audioblog.arteradio.com/post/3061098/greve_de_la_faim_21_juin/


http://audioblog.arteradio.com/post/3061105/ed_emery__de_soas/


http://audioblog.arteradio.com/post/3061119/greve_de_la_faim_22_juin/